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2008
Après les armes, les larmes...de l'espérance PDF Imprimer
Samedi, 13 Septembre 2008 00:20
Le dix-huit août dernier, le sang de dix jeunes Français a coulé en terre Afghane ou il s'est mêlé au sang de l'ennemi terroriste. Dans les deux camps, des mères pleurent et leurs larmes sont les mêmes;
elles portent la douleur de poitrines ayant nourries des vies dont rien ne laissait supposer alors, qu'elles disparaitraient avant leur maturité; a peine écloses, encore enchassées dans leurs écrins de chair, empreintes de désirs absolus et violents, ces âmes se sont offertes en sacrifice  et dessinent les contours d'une humanité dont l'unité fraternelle est encore a naître.

Au-delà des stratégies guerrières et des ambitions inavouables ou obscures de nos gouvernants souvent irresponsables et le plus souvent cyniques, c'est le coeur de tout un peuple qui pleure et se souvient qu'aucun sang n'avait plus été versé depuis plus de quarante ans ! Mais de tout cela, les mamans qui pleurent leur fils s'en moquent. Pour elles en particulier mais aussi pour toutes les mères, nous publions ces quelques lignes extraitent de "Au seuil du Royaume" par Marcelle de Jouvenel. Dans ce livre, Roland de Jouvenel, le fils adoré et trop tôt disparu à l'âge de quinze ans d'une maladie inconnue à l'époque, lève peu à peu les voiles d'outre tombe et perce le mystère de la mort en communiquant avec sa mère par l'écriture intuitive ou somnanbulique. Le style est directement inspiré, les révélations sur le fonctionnement du psychisme humain et les allusions d'une poesie transcendante à la grandeur autant qu'a la simplicité de la nature ne laissent aucun doute quant à la possibilité d'une trans-communication par-delà le monde terrestre...

28 Août 1949  soir   Keresta

Maman, les larmes sont un grand boulversement de l'être et parfois les larmes purifient; c'est l'âme qui fond par les yeux, c'est le mal qui prend son cours pour aller plus loin
Comme une rivière s'éloigne de sa source pour se jeter dans les espaces marins, vos pleurs prennent le fil des courants qui rejoignent l'universel.
D'une goutte d'eau, un peu de buée s'évapore; l'humidité de vos larmes ne meurt jamais car elle remonte vers les cieux.
Les larmes sont nécessaires, parce que rien ne se construit sans eau. Dans le pain, il y a l'eau ; dans la terre, il y a l'eau ; dans le corps, il y a de l'eau .
Le royaume invisible, celui de la pensée, celui qui fait tourner nos vies comme les ailes d'un moulin, lui aussi a besoin d'eau.
Vos larmes humectent la flore sensitive des "Régions mystérieuses", ou nul ne va, sinon l'esprit, les rêves et les anges.
Immensités parcourues par vos pleurs et par vos extases, fluides comme l'azur, l'onde y repose: c'est là, dans le silence clos, que nous pouvons mêler nos coeurs.

 

 

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